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Xee opère un changement de direction stratégique

Romain Crunelle et Laurent Evain, les co-CEO de Xee, lors du Mondial de l'Automobile.

Xee opère un changement de direction stratégique

Lors d'un entretien exclusif accordé au Journal de l'Automobile, Laurent Evain, le nouveau co-directeur général de Xee, a dévoilé la stratégie fraîchement adoptée par l'entreprise. Exit les partenariats avec les réseaux de distribution, il est désormais question de capitaliser sur l'expérience des plateformes et le BtoB. Explications.

 

Dans la chaleur de l'été, un profond changement s'est opéré au sein de Xee. La société lilloise connue pour son boîtier télématique a décidé d'opérer un virage stratégique, qui a eu pour conséquence directe de la positionner sur deux nouveaux métiers, le conseil au travers d'un cabinet d'ingénierie, d'une part, et la fourniture d'une plateforme de traitement de la donnée issue des véhicules, d'autre part. "En avril dernier, nous avons cartographié nos actifs afin de lister nos forces et nos potentiels. Il en résulte cette organisation", a expliqué Laurent Evain, le co-directeur général de Xee, lors d'un entretien accordé au Journal de l'Automobile, à l'occasion du Mondial de Paris.

 

En effet, ce repositionnement a eu pour conséquence directe de modifier l'organigramme. Yvan Gravier a cédé son fauteuil de directeur général à une paire composée de Laurent Evain et Romain Crunelle, jusqu'à présent respectivement responsable développement et marketing et directeur technique de Xee. "En réalité, cette stratégie ne fait que segmenter des compétences qui existaient dans l'entreprise pour la rendre plus efficace", analyse Laurent Evain, qui ne manque pas de rendre hommage à son prédécesseur qui a placé l'entreprise sur cette rampe d'accélération. Xee a toutefois procédé au recrutement d'un responsable de gestion des données et d'un chef de projet pour le Lab.

 

Xee Lab et HiZen

 

Puisque, en effet, Xee se décompose désormais en deux marques commerciales, le Lab pour la prestation d'ingénierie et HiZen pour la plateforme de traitement. Prenons tout d'abord le Lab. Ses équipes auront pour mission de soutenir les entreprises dans la conception d'un projet visant à proposer de la connectivité à bord des véhicules. "Nous les aiderons à libérer la donnée en identifiant les bons équipements et infrastructures", présente Laurent Evain. Xee a donc réalisé un travail de fourmi qui a consisté à référencer à l'échelle européenne des fournisseurs de qualité afin de couvrir les besoins des clients. Et le co-directeur général de reprendre : "L'enjeu n'est pas le sourcing, mais le déploiement des bonnes technologies."

 

Vient ensuite HiZen. Il s'agit d'une plateforme multiservice de traitement de la donnée en provenance de sources diverses. Xee ne fonctionnera alors pas seul, et cela sera toute sa force. L'entreprise va se constituer un catalogue de partenaires capables d'appliquer leurs technologies propres pour délivrer le service. Premier exemple du genre : Tellmeplus avec qui Xee entretient des contacts depuis plus d'un an et dont les algorithmes pourront interpréter les données brutes remontées des véhicules afin de traduire les informations. "Nous discutons également avec Eiver pour l'analyse de conduite", cite comme autre possibilité, Laurent Evain. Le client de HiZen définira ses choix en fonction des besoins qu'il identifie chez l'utilisateur final.

 

S'engage alors un vaste chantier, celui du référencement de cette plateforme. Xee contact tous les intégrateurs de la place (Atos, Altran, Capgemini…) dans l'optique de leur apporter cette compétence technologique dans les dossiers d'appel d'offres, que cela concerne les véhicules légers, les poids lourds ou encore les engins de BTP. Aussi, HiZen a-t-il entamé un parcours de validation chez Salesforce qui doit la conduire à être référencée en tant que plateforme de gestion de données. Potentiellement, cette place de marché lui permettra de toucher plus de 100 000 entreprises.

 

La fin du BtoC

 

Qu'advient-il de Xee Connect, le boîtier historique, dans ce remaniement, peut-on légitimement s'interroger. Il subsiste. Et pour cause, sa troisième génération devient une des solutions accessibles aux clients de Xee Lab, au même titre que les autres fournisseurs. Cependant, la commercialisation dans sa forme traditionnelle s'achève, marquée par la rupture des contrats de distribution. Xee tire un trait sur le BtoC direct, ne conservant que le segment porteur des flottes, avec Xee Fleet. Mais, à la lecture des informations précédentes, il faut comprendre que les enseignes pourront continuer de proposer le boîtier au cœur d'une stratégie de solution de services connectés. Il disparaît des rayons, mais pas forcément des catalogues. Pour mémoire, il s'en est écoulé 30 000 pièces dans six pays européens (France, Espagne, Portugal, Italie, Allemagne et Belgique).

 

Avec cette nouvelle approche, Xee entend adopter une envergure industrielle. Condition sine qua non pour entretenir des relations pérennes avec les grands industriels tels que Total et Bridgestone qui, avec Cofip, ont investi 12 millions d'euros pour entrer au capital, en avril 2017. Ce virage fait écho à celui pris par son concurrent direct, Drust, en mars 2018. Mickaël Fernandez, le président-fondateur, expliquait alors que la phase d'apprentissage terminée, il décidait de devenir un acteur du traitement de la donnée pour le compte de tiers. La bataille ne se jouera plus sur la prise OBD, mais dans les nuages. 

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